Baignoire sauvage

Fragments 19/12/2015

L’important, pour photographier les baignoires sauvages, est de toujours les approcher avec prudence, préférablement la lumière de dos, et accroupi. Elles sont réputées être particulièrement farouches, surtout à l’approche de l’hiver, quand le gel commence à les saisir…

Lors de promenades en forêt, il n’est pas rare de faire ce genre de rencontres incongrues. Parfois, il s’agit d’artéfacts agraires vieux de plusieurs décennies, voire siècles, vestiges des premiers colons des lieux. D’autres fois, plus souvent, on rencontre de tels objets du quotidien, déplacés là comme s’ils faisaient partie d’un projet artistique in situ, sans logique ni raison.

Cette baignoire a pu servir d’abreuvoir à bestiaux, il y a trente ou quarante ans, avant que la forêt ne reprenne ses droits autour d’elle. Ou encore, peut-être s’est-elle réfugiée là au terme d’une longue errance à l’arrière d’une fourgonnette en peine? Impossible de savoir, en fait. Et il en ira de même de toutes nos possessions, et de nos dépouilles aussi, dans cent ans ou mille.