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Cape Norman, NL

Nous avons trouvé Cape Norman en suivant une piste qui traversait un désert de calcaire, au bout du détroit de Belle Isle. Cet endroit, le plus septentrional de l’île, nous a aussi livré nos plus mémorables souvenirs. L’océan agité venait faire basculer sur la rive rocheuse des blocs de glace de la taille de petits camions, tandis qu’au loin défilaient de plus gros icebergs. Au Nord, on pouvait également distinguer les rives du Labrador. Nous sommes arrivés là par hasard, en suivant pistes après pistes, sans trop nous soucier de la destination. Nous étions seuls à des kilomètres à la ronde, et face à un environnement des plus désolés qui soit, fascinés par les chocs de la mer contre la glace millénaire. Dans les prochains jours, je publierai plus d’images de ce lieu.

Se mettre au vert

J’ai pris une pause de photos depuis plusieurs semaines. Au retour de Terre-Neuve, en juin dernier, je me suis retrouvé avec plusieurs milliers de photos et de segments vidéos à traiter. J’y ai consacré des dizaines d’heures de mes rares temps libres, les nuits surtout, au point qu’arrivé en septembre, je n’avais simplement plus envie de m’approcher de Lightroom. Je ne voyais plus rien. Plus de nuances. Juste une surdose d’information visuelle.

Prendre du recul aide parfois à se recadrer. Se poser les bonnes questions : pourquoi fais-je cela, dans quel but? Quelle finalité? Je n’ai pas plus trouvé de réponses, sinon des impressions. Parfois, je constate que l’acte de prendre des photos est beaucoup plus important pour moi que de les montrer. L’action amène une réflexion, oblige à marquer un arrêt, à réfléchir à ce que je vois, et comment l’interpréter.

En regardant mes photos de Terre-Neuve avec ce récent recul, je constate qu’elles sont surtout importantes pour notre mémoire, à ma conjointe et moi-même. À travers elles, nous tentons de retracer des noms de lieux trop vite traversés, des espaces qui nous ont marqués d’émotions si fortes. La mémoire nous joue déjà des tours, mais les images restent et s’incrustent dans nos souvenirs. Parfois, elles se retrouvent un peu interprétées par un traitement noir et blanc, ou un ajustement de saturation, une nuance dans la balance des blancs.

On se construit ainsi une histoire que l’on aimerait tant pouvoir amener avec soi pour l’éternité. Notre propre Histoire, éphémère, mais unique.

 

Tablelands, NL

Un décor digne d’un western, dans le parc du Gros Morne, à Terre-Neuve. Photo infrarouge avec Nikon D90 modifié.

Humber Arm South, NL

Montagne de Blow Me Down, vue depuis l’entrée de la Brook Trail, à Humber Arm South, Newfoundland (Terre-Neuve).

J’ai plus de 3500 photos de notre voyage à Terre-Neuve à revoir et à trier, de quoi m’occuper plusieurs longues soirées cet hiver. D’ici là, de temps en temps, j’en publierai tout de même une à l’occasion. D’autres photos aussi sur mon compte Instagram.

Un long voyage

Cet iceberg a parcouru des milliers de kilomètres et d’années pour arriver jusqu’ici, dans la baie de St. Lunaire-Griquet, au Nord de Terre Neuve. Nous nous sommes aussi donnés beaucoup de mal pour venir à sa rencontre, mais cela en valait tellement la peine.

Relève

Un printemps de plus au cycle des saisons.
Le retour des couleurs s’impose dans la forêt.