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Suspendu

À tes lèvres. Dans tes pensées enchevêtrées. Déraciné, et pourtant, immuable. Entre deux eaux. Sur un flot continu qui, sans jamais t’atteindre, te sustente aussi. Et te protège. En équilibre sur un filet tentaculaire.

Baignoire sauvage

L’important, pour photographier les baignoires sauvages, est de toujours les approcher avec prudence, préférablement la lumière de dos, et accroupi. Elles sont réputées être particulièrement farouches, surtout à l’approche de l’hiver, quand le gel commence à les saisir…

Lors de promenades en forêt, il n’est pas rare de faire ce genre de rencontres incongrues. Parfois, il s’agit d’artéfacts agraires vieux de plusieurs décennies, voire siècles, vestiges des premiers colons des lieux. D’autres fois, plus souvent, on rencontre de tels objets du quotidien, déplacés là comme s’ils faisaient partie d’un projet artistique in situ, sans logique ni raison.

Cette baignoire a pu servir d’abreuvoir à bestiaux, il y a trente ou quarante ans, avant que la forêt ne reprenne ses droits autour d’elle. Ou encore, peut-être s’est-elle réfugiée là au terme d’une longue errance à l’arrière d’une fourgonnette en peine? Impossible de savoir, en fait. Et il en ira de même de toutes nos possessions, et de nos dépouilles aussi, dans cent ans ou mille.

 

Castor Zombie!

Ayant récemment acheté un canot (au Québec, on dit canot, mais selon le Robert, pour les Français, ce serait plutôt canoë), nous avons fait ce dimanche une sortie dans les marais d’un lac voisin. Nous y avons aperçu ceci qui flottait. Je sais que cette photo semblera un peu morbide aux yeux de certains, mais la mort fait aussi partie du paysage.

Souvent, en forêt, je croise des restes d’animaux, ici un ou deux os, là, un tas de plumes, mais c’est bien la première fois que je croise la dépouille d’un castor. Est-il mort de vieillesse, de maladie, d’indigestion de produits chimiques? Je me pose ces questions, mais aussi et surtout : quelle sorte d’animal a bien pu lui prendre une telle bouchée dans la queue?

P.S. : En ce qui concerne le titre, sérieusement, il existe un film sur ce thème, Zombeavers!

L’arbre éléphant

Ostracisé pour son apparence difforme, il s’est développé une écorce à l’épreuve de tous les canifs tailleurs d’initiales et de coeurs percés.