Fermer

L’heure bleue

Cette heure où le chemin parcouru s’estompe en un vague souvenir, et où l’on mesure les corollaires de s’être effacé toujours un peu plus dans l’ombre du devoir.

L’heure bleue

Celle qui me fait oublier jusqu’à mon nom, ce qui m’a entrainé ici. Je n’existe plus. Cela est juste parfait. #pnmauricie

Fermé

Comme un esprit. Prisonnier de ses récurrences. Sans issue. Enserré par le temps. Captif d’une résignation végétale. Sans espoir de passage. Puis se demander : pourquoi voulais-je aller là, au fait? Étrange attrait, que ces obstacles plus faciles à contourner qu’à franchir.

De glace

Parfois, je rêve de m’endormir, captif d’une prison de glace. Ne plus rien ressentir que le froid qui étourdit. Fermer les yeux, et rêver pour l’éternité. Puis un jour, me réveiller, loin de moi, peut-être un autre devenu. Samsara.

La voie facile

Parfois, la voie devant nous se révèle trop simple

D’une évidence consternante.

Parfois, on serait tenté de questionner

Sortir du sentier

S’enfoncer entre les arbres clairsemés.

Parfois, on se souvient qu’on a déjà tenté tout cela.

Parfois, la voie devant nous est la seule voie que l’on n’a jamais osé suivre.

Poésie du banal

Mes photos sont rarement spectaculaires. Au contraire, elles se veulent des fenêtres sur des choses souvent forts simples, mais qui pourtant marquent mon imaginaire. Sans explications, elles peuvent sembler mornes, sans intérêt pour bien des gens.

Comme je prends la majorité d’entre elles en milieu forestier, on y voit beaucoup d’arbres. J’ai des milliers de photos d’arbres. Cela me rappelle une blague par le Chat, de Geluck, qui dit : au Paradis, on passe l’éternité à se raconter ses souvenirs de vie. L’Enfer, c’est pareil, sauf que chacun a apporté ses diapos… Dans mon cas, c’est certain que je devrais aller tout droit en Enfer, avec ma collection d’arbres. Je serais un supplice de choix pour les autres.

À mes débuts, cela m’angoissait presque, lorsque je revenais de mes sorties avec des dizaines de photos, toutes plus semblables les unes que les autres. Qu’est-ce qui ressemble plus à un arbre qu’un autre arbre? Pourtant, je n’ai jamais cessé. Je ne me lasse pas, car à mes yeux, ils demeurent tous différents, uniques, et leurs combinaisons dans un cadre photographique restent infinies. Parfois, une heureuse combinaison de ces différents éléments se trouve à exprimer assez fidèlement l’émotion ressentie, l’état d’âme du moment.

Je cherche à capter ce quelque chose d’indéfinissable qui se manifeste en moi, lorsque je déambule en forêt. Cette poésie du banal a quelque chose de rassurant, de zen, qui me sert de repère et me fait aimer la vie. M’aide à traverser les passages difficiles. Me réconcilie avec moi-même aussi. Par mes photos, j’essaie seulement de partager ce délicat état de grâce avec vous.

Je vous souhaite une superbe année 2016, remplie de ce qui vous fait vibrer, aussi simple cela puisse être.

Cheminement

J’ai parcouru de grandes distances pour toujours revenir à mon point de départ. Je n’ai rien trouvé ailleurs que je ne possédais pas déjà en moi, à tout le moins en potentiel à explorer, si je décidais d’y croire.

J’ai surtout compris que je ne possédais rien, sinon ma mémoire, et que celle-ci a ses propres règles, qui font de moi ce que je suis, et pas un autre. Quand bien même aurions-nous suivi le même parcours, vous et moi restons uniques et distincts.

Malgré certains liens qui nous unissent parfois, les subtilités de nos choix façonnent les nuances de ces rides sur notre visage, ces teintes que nous attribuons aux paysages que nous traversons.

Complexité

Elle est omniprésente, mais pourtant pas toujours apparente. Il faut parfois un peu de lumière, un révélateur, pour la voir au grand jour.