Fermer

La forêt habitée

Quelques images captées ce matin dans la Forêt habitée de Dudswell. La pluie a été si abondante, cet été, au Québec, que le vert de nos forêts en est presque devenu trop intense pour la photo couleurs. Il en résulte un effet de saturation que j’ai choisi de traduire ici en noir et blanc.

Obstacle

Il y en a toujours sur notre chemin. Tous ont une faille, un point faible.

Liberté

Je me rends compte que j’évite ce mot dans mes écrits, tant sa signification a été pervertie par l’usure. Et pourtant, en y repensant, c’est le seul mot qui me vient à l’esprit pour décrire ce moment, ce que je ressentais en fait à chaque instant de cette semaine passée sur les eaux de la réserve de La Vérendrye, cet été. Liberté de choisir sa rive, son rythme, son embranchement. Liberté d’avaler les kilomètres en silence, sans même se rendre compte que l’on avance. Liberté d’absorber tout ce que la nature peut vous dévoiler au détour des bras de rivières, sans jamais s’en lasser une seconde. Liberté de se sentir glisser à la surface d’un rêve. Liberté de s’en souvenir ensuite et de se dire : j’ai connu des moments magiques qui font partie de moi pour toujours.

Suspendu

À tes lèvres. Dans tes pensées enchevêtrées. Déraciné, et pourtant, immuable. Entre deux eaux. Sur un flot continu qui, sans jamais t’atteindre, te sustente aussi. Et te protège. En équilibre sur un filet tentaculaire.

Minérale

Inexorable, permanente, cette usure minérale redéfinit tout, des soutènements du décor jusqu’au cartilage de mes genoux.

Fermé

Comme un esprit. Prisonnier de ses récurrences. Sans issue. Enserré par le temps. Captif d’une résignation végétale. Sans espoir de passage. Puis se demander : pourquoi voulais-je aller là, au fait? Étrange attrait, que ces obstacles plus faciles à contourner qu’à franchir.