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Grandes fourches

Sherbrooke, ma ville, a été bâtie à la croisée de deux rivières, la Magog et la Saint-François. L’endroit d’où cette photo a été prise est pratiquement le point de rencontre des deux cours d’eau. On nomme ce lieu les Grandes fourches. On voit ici la rivière Magog qui traverse le centre-ville historique, là où les industries d’autrefois harnachaient la puissance hydraulique pour répondre à leurs besoins énergétiques.

Un cirque passa

Les appareils photos que je traîne avec moi diffèrent selon les occasions. J’ai notamment un minuscule Canon qu’il m’arrive de glisser dans une poche sans trop y penser. J’omets parfois d’extraire les photos dès mon retour, ce qui fait qu’il m’arrive d’avoir d’agréables surprises plus tard.

Ici, j’avais complètement oublié cette photo prise devant la parc Howard. Un cirque était venu y donner quelques spectacles dans le cadre des festivités entourant les Jeux du Canada. Nous allions justement assister à la cérémonie de clôture des jeux, ce soir-là. Les artistes avaient dispersé quelques caravanes vintages comme celle-ci dans la rue autrement déserte. Il émanait un je-ne-sais-quoi d’intemporel et de surréaliste de la scène, exactement le genre de choses que j’aime observer. Je me suis dit que j’arriverais peut-être à en tirer quelque chose en noir et blanc. Et puis, j’ai complètement oublié que je l’avais prise… jusqu’à aujourd’hui.

Harfang des neiges

Il faisait un froid cinglant, mais nous sommes quand même sortis promener le chien autour du Lac des Nations. J’ai si souvent photographié cet endroit que j’ai même hésité un instant à y traîner mon lourd appareil. Et puis après, on ne sait jamais ce qui pourra nous surprendre. Justement, alors que nous longions la rive du côté du parc, non loin du stationnement, j’aperçois la silhouette d’une espèce de hibou. Au début, je pense que ce doit être un de ces leurres que l’on voit parfois sur les quais pour faire fuir les mouettes, sauf que celui-ci tourne sa tête et me regarde fixement. Il n’a pas l’air farouche. Tout de même, un oiseau de ce genre en pleine ville, en plein jour, ce n’est quand même pas habituel. Je m’avance un peu, en prenant des photos. J’espère qu’elles seront bonnes, car j’ai de gros gants et des lunettes de soleil qui m’encombrent.

En approchant, je crois voir une de ses ailes étrangement positionnée. Il est peut-être blessé? Mieux vaut en avoir le coeur net, car avec tous les chiens qui passent par ici… Ma conjointe d’ailleurs retient le nôtre en laisse, à bonne distance. Je fais quelques pas de plus, et soudain l’oiseau s’envole, abandonnant derrière lui ce que je pensais être son aile brisée. En réalité, il s’agissait de la carcasse de son repas, un goéland. Il est allé se poser un peu plus loin sur la glace, pour surveiller sa perte. Deux corneilles sont alors venues tournoyer au-dessus du rapace, qui n’a pas semblé très impressionné, mais qui, finalement, a quand même choisi de s’éloigner encore plus loin, vers le milieu du lac. La suite de cette histoire a même fait l’objet d’une nouvelle sur le site de Radio-Canada Estrie hier en fin de journée… et elle n’est pas banale non plus.